L'ACTUALITÉ

A l'occasion du procès en appel du jeune étudiant Marwen, l'association Shams se manifeste

Publié le : 01 Décembre 2015

 

 

L'association Shams a appelé à une manifestation devant l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) le 10 décembre prochain pour riposter contre les déclarations du député d'Ennahdha Abdellatif Mekki et les menaces de dissolution exprimées par le gouvernement.

 

Cette date coïncide à la fois avec la journée internationale de la Déclaration des Droits de l'Homme et le procès en appel de Marwen le jeune étudiant condamné à un an de prison ferme pour pratiques homosexuelles, avant d'être libéré sous caution.

 

"Je rappelle en tant qu'ancien prisonnier politique qu'il y avait une cellule destinée (aux homosexuels). L'ancien régime sanctionnait les prisonniers politiques et particulièrement leurs leaders en les envoyant dans cette cellule, c'était une sanction psychologique", a déclaré samedi Abdellatif Mekki en plénière à l'Assemblée.

 

"Je rappelle que la loi criminalise ces pratiques", a-t-il ajouté, déplorant le fait que l'association Shams ait obtenu l'autorisation d'entreprendre ses activités, même si les objectifs de l'association ne mentionnent pas explicitement les "pratiques" dénoncées.

 

Selon Abdellatif Mekki, l'autorisation de cette association est "dangereuse" pour la "paix sociale", évoquant notamment le taux de divorce, la consommation de drogue ou encore les violences conjugales, sans établir de lien entre l'homosexualité et les données évoquées. Le député d'Ennahdha a également estimé que ce type d'association pouvait donner des arguments aux terroristes.

 

"Cette association a déclaré sa constitution, mais cela n'a pas été publié au Journal officiel", a répondu Ahmed Zarrouk, secrétaire général du gouvernement, assurant que l'association n'avait aucune existence légale.

 

"Concernant les objectifs de cette association, rien ne fait référence à l'homosexualité. Nous-mêmes avons été surpris lorsque nous avons vu son responsable parler de ce sujet à la télévision. (...) Nous avons demandé la dissolution de cette association (...) Reste le pouvoir judiciaire qui a (la main)", a-t-il ajouté.

 

Ahmed Ben Amor, membre fondateur et vice-président de l'association Shams, a exprimé sa surprise face aux propos du secrétaire général du gouvernement . Il a assuré que l'association avait effectué toutes les démarches nécessaires pour obtenir un statut légal et qu'elle n'a pas reçu de refus. Il a ajouté que comme le stipule la loi, les responsables de l'association ont payé les frais de publication dans le Journal officiel (JORT) une fois le délai dépassé après la déclaration de la création de l'association.

 

src:huffpostmaghreb