L'ACTUALITÉ

A la découverte d’étudiants du programme MEPI revenus des USA

Publié le : 07 Avril 2018

 

Ils sont jeunes, dynamiques et insouciants. Comme Charles Aznavour en son temps, ils se voient, à 20 ans en haut de l’affiche…

Eux, ce sont plus de 90 jeunes, issus de la région MENA et qui ont suivi, au cours de l’été dernier, un programme intensif de six semaines aux Etats Unis.

 

Elégamment vêtus, tout sourires, ils étaient réunis en ce vendredi 7 avril 2018, à l’hôtel Radisson Blu à Hammamet pour la cérémonie de clôture du séminaire MEPI Student Leaders, laquelle cérémonie a vu la présence de l'ambassadeur américain en Tunisie, Daniel Rubinstein, du conseiller auprès du chef du gouvernement chargé de la jeunesse Chokri Terzi, et du gouverneur de Nabeul, Saloua Khiari.

 

Dans une ambiance festive et décontractée, les jeunes revenants des « States » ont littéralement fait le show lors de la cérémonie, n’hésitant pas à haranguer la foule tels des candidats aux primaires américaines lors d’un débat électoral. Ils ont été réunis en Tunisie en ce mois d’avril 2018 pour parler de leurs expériences au pays de l’Oncle Sam, ainsi que pour exposer les projets qu’ils réalisent au sein de la société civile de leurs pays.

 

Mustpha Kamoun est l’un d’entre eux. Etudiant de 22 ans en génie logiciel, il a pu passer 6 semaines au sein de la prestigieuse université américaine Georgetown University, une expérience humaine et scientifique qu’il décrit comme un « tournant de sa vie ».

 

S’il décrit avec émotion sa fierté son honneur d’avoir pu côtoyer pendant un laps de temps des professeurs de renommée internationale et des étudiants d’un très haut niveau académique, c’est surtout la semaine qu’il a passé hébergé dans une famille « traditionnelle » dans un patelin au nord des USA qu’il l’a marqué : « C’était une ambiance très américaine, comme on l’imagine dans les romans et digne des Western, mais le dialogue qu’on a noué a permis de casser tous les préjugés et stéréotypes » raconte-t-il avec un brin de nostalgie.

 

A présent, Mustpha s’attelle à mettre à profit les connaissances théoriques qu’il a retenu lors de cette expérience, et a créé à son retour en Tunisie un club de plaidoirie pour aider les gens à débattre et à surmonter toutes leurs différences.

 

Désormais, son rêve à lui est de permettre à tous les jeunes Tunisiens de profiter de l’expérience de l’échange universitaire dans les 4 coins du monde « la découverte des cultures différentes et d’autres façons de travailler a une valeur inestimable » affirme-t-il avec sagesse.

 

L’engagement, l’ambition et la fougue font partie depuis quelques années du dictionnaire de Afaf. Etudiante de 23 ans en master 2 de journalisme à l’Université d’Alger, la jeune demoiselle est très à l’aise devant les micros et les caméras « mon expérience aux USA à l’Université de Californie m’a permise d’être une personne plus confiante et responsable ! Je sais désormais que je peux atteindre mes objectifs et je n’ai plus peur de me lancer dans des projets et de diriger une équipe » nous lance-t-elle le ton assuré.

 

Il faut dire que du haut de ses 23 ans, Afaf se targue d’avoir un CV long comme un bras. Débutant son parcours professionnel dès ses années lycées en donnant à titre bénévole des cours d’anglais à des enfants en bas âge, elle fera ensuite partie des organisateurs des 2eme et 3eme édition de la simulation du modèle des Nations-Unies, avant d’être propulsée chargée de communication du programme « une expérience extraordinaire en dépit du travail colossal qu’on a dû réaliser et qui m’a permis de former un carnet d’adresse très important » décrit elle.

 

Désormais, la jeune algéroise est sur le point de lancer une plateforme en ligne qui réunit des journalistes et activistes de la région MENA et qui a pour objectif de traiter l’information d’une manière ludique à travers des vidéos et des articles destinés aux jeunes.

 

Certainement influencée par son vécu et l’histoire tragique des conflits qui ont endeuillé son pays, Zeinab, a quant à elle, d’autres priorités. Cette jeune libanaise de 24 ans, ingénieur junior en informatique a lancé depuis son retour de l’Université de Montana un programme de débats et de résolution de conflits au Liban. Son objectif : réunir des jeunes de différentes religions et nationalités et traiter de sujets importants tels que la guerre, la peine de mort et la tolérance face aux différences… « Et surtout pas de politique nous coupe la jeune étudiante avec le sourire, on ne veut pas se mêler de cela » clame-t-elle.

 

L’objectif ce programme est de faire inculquer aux jeunes l’idée de tolérance et de respect des différences dans un pays multiethnique. Aussi, la jeune demoiselle a pour ambition de former des facilitateurs de dialogue et rêve que son concept se propage dans les 4 coins du Liban « C’est mon pays affirme t elle, je veux être utile au sein de ma société, et c’est là où je vois mon avenir » conclut l’enfant du pays du cèdre.

 

Programme contesté par les forces anti impérialistes qui accusent les USA de l’utiliser à des fins diplomatiques et économiques de Soft Power, le programme MEPI permet toutefois aux jeunes de différents horizons de découvrir le temps d’un voyage une culture et un monde totalement nouveaux pour eux. S’ils expriment leurs satisfactions face à une expérience qui a changé leurs vies, ils jurent à l’unisson qu’ils n’ont subi aucune pression de la part des autorités américaines quant à leurs opinions politiques et leurs visions du monde.

 

src:businessnews.com.tn