L'ACTUALITÉ

Karaouli se dresse contre la décision de faire payer les étudiants étrangers

Publié le : 23 Juin 2018

 

Dans un long billet qu’il a intitulé “UNE FAUTE POLITIQUE MAJEURE A DENONCER” et qu’il a posté sur sa page Facebook, Habib Karaouli, s’insurge, avec des mots très forts, contre la décision d’ouvrir plus largement les universités publiques tunisiennes aux étudiants étrangers à condition de payer. Voilà ce qu’en dit le vice-président du Club des dirigeants de banques et d’établissements de crédit d’Afrique :

 

“Décidément, nos responsables s’ingénient à nous désespérer de la politique et de la chose publique à force de décisions qui font douter les plus magnanimes d’entre nous de leur capacité à conduire les affaires de leur département voire de leur légitimité à y être.

 

La dernière en date a été annoncée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, qui soumettra dorénavant les étudiants africains subsahariens au paiement de frais de scolarité variant de 5000 à 15000 dinars dans les universités publiques tunisiennes. Quelle trouvaille !!! Vu la célérité avec laquelle cette décision a été annoncée et prise, elle devait probablement figurer parmi les axes majeurs de la réforme de l’enseignement supérieur prônée par ce ministre ! Davantage de diligence pour éviter une année blanche à nos étudiants eût été plus à propos et plus conforme à ce que l’on attend d’un ministre qui doit porter une vision. A défaut de mieux, on fait semblant d’être dans l’action avec ce que l’on a et/ou ce que l’on est !


Cette décision en rappelle une autre malencontreuse, celle d’avoir imposé en dépit du bon sens et sans aucune mise en perspective une taxe de 30 dinars à nos frères algériens à leur entrée en Tunisie. Décision finalement abandonnée après avoir causé les désagréments que l’on sait.

 

Comment peut-on faire preuve d’une telle cécité politique et de mise en danger non seulement des intérêts majeurs de la Tunisie mais, plus grave de mon point de vue, de notre image dans le continent qui s’en trouvera sérieusement ébréchée.

 

Qu’est-ce qui a motivé une telle décision ? Sont-ce ces dizaines de milliers d’étudiants subsahariens qui envahissent nos universités et qui prennent la place des étudiants tunisiens ou réduisent leur probabilité d’être admis dans certaines filières ? Auquel cas, cette décision tendrait à en réduire les flux. Sachant toujours qu’elle touchera les plus démunis d’entre eux, les autres continueront à aller vers le privé. Est-ce une volonté de générer des revenus additionnels aux fins de maintenir le système ? Auquel cas, un petit effort de rationalisation des choix budgétaires et de compression des dépenses conduirait à un meilleur résultat que les quelques centaines de milliers de dinars attendus. A t-on entrepris préalablement une cost benefit analysis pour mesurer les conséquences d’une telle décision ? Je ne le pense pas. Cela fait partie des fausses-bonnes idées. Ce n’est pas avec des comptes d’apothicaires que l’on met en place une vision et une stratégie nationale d’un enseignement public de qualité capable de capter les meilleurs talents et de les garder.

 

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