Chantier de fouilles dans les livres anciens et la friperie

Une intense activité commerciale règne ces derniers jours à l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire. En effet, beaucoup de secteurs vivent actuellement à un rythme plus accéléré sous l’affluence des parents et des étudiants séduits par les offres alléchantes de certains vendeurs. La plupart des concernés par cette rentrée se trouvent souvent devant des listes d’achats incontournables et un budget qui n’est pas toujours évident. Pour affronter ces dépenses,  les chances de trouver une solution "à la main", sont minimes mais elles ont du moins le mérite d'exister. Les livres anciens et épuisés et la friperie semblent bien des idées qui séduisent quelques parents et surtout des étudiants qui sont souvent coincés entre le marteau du logement et l’enclume des diverses dépenses.
   
M. Kamel, vendeur de livres anciens dans la rue de Saline, voit que ce type de commerce s’épanouit  avec la rentrée universitaire. Selon lui il y a une grande affluence sur ces livres pendant cette période. De son côté Khaoula, étudiante à la faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis (FSHST), ne cache pas son intérêt  pour ce type de livres qui, selon elle, peuvent contenir des œuvres historiques inédites et intéressantes proposées à un prix trois fois moins chère que ce qu’on peux trouver chez une librairie. Elle assure cependant avoir trouvé une revue qui date des années 1960. Son camarde Saad partage aussi le même avis et confirme que les prix des revues proposées dans les librairies sont très élevés  ce qui le pousse vers ce marché où il peut trouver de vrais petits joyaux sous divers thèmes.

La friperie au chevet des étudiants

En dépit du regard de haut que certains jettent sur la friperie, elle vit en cette période ses plus beaux jours. Un clin d’œil sur le marché Elhafssia au plein centre ville de Tunis, confirme ce phénomène devenu très répandu auprès non seulement des étudiantes mais aussi des étudiants à la recherche de vêtements d’une qualité irréfutable et de sacs à mains ou de cartables… Dans ce contexte, M. Karim, un revendeur qui brandisse divers vêtements d'occasion et de sacs,  affirme que la majorité de ses clients en cette période sont soit des parents ou des étudiants qui fouinent dans les lots de sacs grâce à leur look racé inimitable et la qualité de leur cuir. Derrière un monticule de pantalons de seconde main, Ahmed un jeune étudiant à l’Ecole Supérieure de Commerce de Manouba (ESC), soulève et examine pièce après pièce. Au bout d'une courte hésitation, il dit : « Parfois, tu peux tomber sur quelque chose d'impeccable. Ces habits, une fois nettoyés et repassés, n'ont rien à envier aux grandes marques ». Sonia, mère de deuw étudiants, s'affairant sur un tas de pulls confie : « C'est un bon coin pour les chefs de famille. On peut bien habiller les enfants et à moindre coût ». Pour ces parents et étudiants une vadrouille dans les marchés de la friperie devient une solution incontournable pour affronter dans de bonnes conditions les dépenses scolaires et universitaires.

Nedra Bouhaouel