"Hor Cujet": Le webmanshow tunisien qui déboîte!


Vidéo Hor cujet

 

Débarquée sur Youtube le 23 décembre dernier, cette petite série réalisée par cinq étudiants de première année à l'Institut Superieur des Arts Multimédias de la Manouba (ISAMM) fait un carton sur la toile.

Deux vidéos en ligne totalisent près de 220.000 vues sur Youtube et plus de 22.000 personnes sont abonnées à leur page Facebook.

Contacté par le HuffPost Maghreb, Seif Ben Amaar, qui est à l'origine de ces vidéos, indique qu'il ne s'attendait pas à un tel succès.

 

"J'adore raconter et créer des histoires qui reflètent la réalité" raconte l'étudiant de 19 ans.

 

"Je sais que ce qu'on fait est perfectible. Notre but n'est pas la notoriété, c'est juste de s'amuser et de raconter des choses que l'on vit ou que les autres vivent", ajoute-t-il tout sourire et plein d'auto-dérision.

"Des idées, j'en ai encore plein. Je veux faire des sujets sur ce que vivent les Tunisiens, parce qu'ici il y a des choses que nous seuls pouvons comprendre".

 

Pour le nom de la web-série "Hor Cujet", Seif Ben Amaar explique que "c'est du premier degré parce que nos vidéos sont véritablement hors sujet" (rires).

"Pour maintenir une certaine teinte d'humour et un côté décalé, j'ai décidé de l'appeler "hor cujet", précise Seif, avant de raconter en riant:

 

"Ce qui est marrant, c'est qu'il y a des gens qui m'appellent pour me dire qu'il y a une erreur dans le titre".

 

Plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux reprochent à la mini-série de s'être trop inspirée des coqueluches du net français comme Norman ou Cyprien.

 

L'étudiant, qui se spécialise en montage, confirme qu'il s'en est inspiré et que "la forme et le décor sont semblables". "Mais on essaie de faire quelque chose à la sauce tunisienne et on s'inspire de notre vécu, d'un humour à nous, que les gens y adhèrent ou pas".

 

Seif Ben Amaar filme les séquences depuis sa chambre à La Manouba, avec un décor très "geeky" et un teeshirt du groupe "Nirvana" qu'il arbore fièrement. "Je l'ai trouvé à Bershka en promotion, je l'ai pris direct".

 

"Je sais que ma chambre fait un peu Otaku (fans de mangas japonais, ndlr) et à chaque fois que je filme j'essaie de changer le décor pour permettre un message visuel plus pertinent".

 

Les jeunes étudiants de l'ISAMM arrivent en force sur la toile. "En France, les sujets traités parlent en général de filles, du net, des bilingues, des soirées, de l'alcool". Seif, lui, veut explorer les "pépites du quotidien tunisien".

 

Le "webmanshow" est techniquement à la portée de tous, explique Seif, qui met en moyenne un mois pour réaliser une vidéo qu'il écrit lui-même et à laquelle chacun apporte son matériel.

 

Pourquoi le web? "Il y a une forme de liberté dans ce mode. À la télé, il y a plus de restriction, le web permet de s'exprimer et d'être confronté à la vraie critique".

 

Gardant la tête sur les épaules, il sait que la réussite d'Hor cujet" reste très aléatoire.

En France, seuls Norman et Cyprien ont obtenu la notoriété suffisante pour gagner leur vie grâce à des revenus publicitaires ou des chroniques télévisées. En Tunisie, les revenus via Youtube n'existent toujours pas. Seif et ses amis attendront. Pour l'instant, ils misent sur le soutien des autres étudiants de l'Institut de La Manouba "qui sont vraiment derrière nous". Parce que pour lui, l'ISAMM, c'est différent.

 

"On sent qu'il y a une vague de créativité et un élan créatif unique. Ca motive".

 

src: huffpostmaghreb.com